Maodez Glanndour (1909-1986)

Publié le par Tiegezh Santez Anna





Komzidigezh Yann-Bêr ar Berr
da-geñver hon emvod d'an 8 a viz C'hwevrer 2009, ha diwar-benn Maodez Glanndour


intervention de Jean-Pierre le Berre
au sujet de Maodez Glanndour,
à l'occasion de notre réunion de 8 février 2009


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Ces quelques notes puisent essentiellement dans l’ouvrage d’Annaig Renault rédigé par elle d'après sa thèse de doctorat en Etudes celtiques à l’université 2 – Haute-Bretagne. Etudiante en littérature de langue bretonne, elle avait  beaucoup entendu parler du poète Maodez Glanndour dont on vantait l’œuvre poétique et elle avait même pu le rencontrer jeune étudiante. Ses études avançant et son niveau linguistique s’améliorant, elle va entreprendre ce travail pour pallier à l’absence d’analyse approfondie de son œuvre.

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« Penaos emañ ar bed ganeoc’h ? » Mot à mot, nous dit Maodez Glanndour : comment va le monde avec vous ? Que ne soit vide ni sans importance cette expression courante ! Comment est le monde avec toi, le monde entier, l’univers, celui des choses visibles et celui des choses invisibles, celui de l’intelligence et celui du cœur : par ce simple bonjour nous touchons déjà à l’âme profonde de celui que nous allons découvrir ensemble.

Le 25 novembre 1986 à l'hôpital de Lannion où il avait été transporté, aux frontières de la mort depuis une quinzaine, l'abbé Loeiz ar Floc'h, alias Maodez Glanndour, rendait son âme à Dieu. Disparaissait un des plus grands poètes de langue bretonne. Par son esprit, par sa langue, par sa vision du monde, par sa conception héroïque de la vie et de l'action, Maodez Glanndour se rattache incontestablement à l'école " Gwalarn ". Ce mouvement littéraire crée par Roparz HEMON fut le fer de lance de la 2ème renaissance littéraire et linguistique après le « Barzaz Breiz » de la VILLEMARQUE en réaction à l’esprit régnant à cette époque qui, au nom de l’unité linguistique française, a mis sous l’éteignoir la langue bretonne.




Maodez Glanndour dira : « Si votre revue n’avait pas existé, je n’aurais probablement jamais écrit le breton » Ajoutant : « Il est difficile de dire à quel point l’esprit de Gwalarn a été pour nous une vraie libération : sortir de tout ce qui avait été enseigné à l’école du français, et qui était pour nous une prison, une chambre à gaz pour respirer l’air frais du monde ».
Cependant, par sa stature unique, par le fait aussi que, très tôt, il sera à la tête de ses propres publications, de sa propre école de pensée, par son orientation définitivement chrétienne, il occupe une place à part et indépendante.

Né le 7 mars 1909 à Pontrieux, fils d'un notaire, d'une famille enracinée dans le Trégor, tant du côté paternel que maternel depuis les générations les plus reculées, il subit le traumatisme de la mort de sa mère à l’âge de 9 ans. A 27 ans, à la stupéfaction de sa famille, il annonce son appel à la vocation. Il est ordonné prêtre en 1932.


Homme d'une vaste culture, docteur en philosophie, licencié en théologie, après deux ans d'études à Rome et un an à l'Université catholique de Paris, il revient dans sa Bretagne et pour toujours. L’évêque, à son retour de Rome, lui propose de devenir son secrétaire particulier ce qui lui aurait ouvert probablement la voie à de futures charges épiscopales, mais il décline cette voie.


Nommé un temps professeur à St-Brieuc et Lannion, ce qui lui permet de parfaire son breton, il enseigne et transmet son savoir littéraire et artistique, passionnant ses élèves par ses descriptions des splendeurs de Rome ou de l’antiquité.


Il refuse de passer une licence de lettres, car il ne souhaite pas faire une carrière dans l’enseignement mais d’être nommé dans une paroisse. C’est ainsi qu’il devient Recteur de Louannec en 1936, la paroisse de saint Yves, dans le pays de Lannion, mais celle aussi d'Ernest Renan, qui fut fasciné par la civilisation celto-bretonne, et tous deux mort à Louannec.

 Lors de sa 1ère messe un paroissien avait dit à son frère Raymond : « Votre frère est trop instruit pour nous, il ne restera pas longtemps recteur ici ». Il y restera trente ans, jusqu'à la fin de son existence. C’était son désir et déclinera toutes autres mutations disant souvent qu’il préférait être recteur dans une petite paroisse qu’évêque à Guéret ou St Flour.


Il voulait que ses paroissiens continuent à parler breton. Il s’est réjouit de la décision du Concile Vatican II d’autoriser que les liturgies soient célébrées en langue vernaculaire et il traduira d’ailleurs beaucoup de textes liturgiques en breton. Il était très favorable à l’idée de la convocation de ce concile dont il se tenait informé des avancées. Il sera réservé aux réformes qui en sont nées et qui, d’ailleurs, n’étaient souvent qu’une interprétation erronée du concile lui-même. Il sera soucieux de maintenir la tradition. Il restera fidèle à la soutane.


Il rêve d’une Bretagne entièrement bretonnante et catholique. Il croit à la vocation particulière des celtes dans un travail de reconstruction, de civilisation, qui prouvera l’évidence de leur génie toujours jeune, leur courage, leur force.


« Ar gelted a bad. Perak ?
Dre m’o deus o labour d’ober er bed »

             « Les celtes demeurent. Pourquoi ? Parce qu’ils ont leur rôle à jouer dans le monde ».


Comment le désir lui viendra-t-il de se mettre en voyage dans sa vie et d’avancer vers un pays qui ne lui a pas été réellement offert par la naissance, même si son père usait de la langue bretonne ? L’apprentissage de la langue bretonne coïncide avec sa vocation.




        Dans le calme de sa vie, survient en effet cet appel, évoqué dans le poême Imram, publié en 1941 sous le nom d’auteur de Maodez Glanndour, un appel qui ne lui laissera plus de paix, auquel il sera obligé de répondre.

C'est à travers l'amour de son pays, de sa terre, de la nature, qu’il évoque dans la qualité de ses descriptions, et de sa langue, qu'il atteint l’Amour de son Créateur. C'est à travers la Bretagne retrouvée qu'il a pris conscience de sa propre vocation d'écrivain et de poète, jamais autrement son génie n'aurait pu éclore.      
  
         

« Ra vin benniget Aotrou da, Dre m'a(c'h) ( p)eus digoret va muzelloù marv, Va spered prennet gant yezh an estren... »

          « Que je sois béni, Dieu bon, parce que tu as ouvert mes lèvres mortes, mon esprit que la langue de l'étranger maintenait prisonnier ».


Comme l’hébreu était la langue du peuple juif, le breton devait devenir celle de la Bretagne et il conférait à cette langue un caractère sacré, qui permettrait ainsi un accès à la Bretagne de demain, ancrée dans ses traditions mais offrant un nouveau visage, liant la langue au religieux et rendant au peuple sa langue méprisée. (Il était près à s’investir dans le projet de réappropriation des moines à Landévennec mais à la condition que toute se passe en breton, ce qui n’a pas été le cas)

Il prête à la langue bretonne un vrai statut de langue thérapeutique.

« Ar galleg laket warnomp dre redi ha dre nerzh e-keñver hon natur don, ha goude ma asantfemp dezhañ hep gouzout dimp, a grou ennomp dizurzhuioù eneel, rak ne glot ket gant hor boud gwirion, en moustrañ a ra, herzel outañ d’en em zispakañ ; lakaat a ra da ziwan ennomp abafder, distabilded, kement a zo furmioù disheñvel an anken, a glasker pareañ gant an alkoolegezh, an daerijenn… » p.222

            «Le français qui nous est imposé par contrainte et par force par rapport à notre nature profonde, et après que nous y ayons consenti inconsciemment, crée en nous des désordres de l’âme, car il ne correspond pas à notre être vrai, il l’opprime, en l’empêchant de se développer ; il permet en nous l’éclosion de la timidité, du déséquilibre, toutes les formes différents de l’angoisse, que l’on cherche à contrer par l’alcoolisme, la violence… »


« pep yezh a zo stag ouzh ur reizhad a veizelezh hag a boellegezh : hep mar ebet ez eo ar brezhoneg ur yezh o lakaat da gentañ war dalvoudegezh an dra fetis ».

            « Chaque langue possède un système de compréhension et de réflexion ; Le breton privilégie la pensée, les nuances, l’être, grâce aux formes riches du verbe être, une langue qui insiste d’abord sur l’importance de la chose concrète» p.223


« Vous ne comprenez pas que pour moi le breton à été une découverte de moi-même, une auto-révélation, une apparition de mon être le plus profond, que vous aviez emprisonné, emmuré en lui-même. Et maintenant je suis un homme libre»         p.224


Maodez Glanndour est alors saisi par Dieu et fait l’expérience d’une renaissance spirituelle pour avancer avec la forte assurance du prophète.


« Quant à moi, ce qui me vient d’abord, c’est une impression vague, une vision imprécise, une perception quelconque de la poésie universelle se révélant devant mon âme stupéfaite. Et alors je cherche à donner corps à cet être-là, spirituel et subtil, qui se déploie devant moi comme un génie, ou qui remplit mon être intérieur avec sa flamme ».


"Maro e oant… maro e oan… hag e teujout, nerzh ha galloud, hag e plavjout warnon o terc’hel ac’hanon en astenn da zivrec’h, evel Eliaz war gorfig yen bugel an intañvez, tal ouzh tal, brennid ouzh brennid, gant da c’henou ouzh va genou, e siljout ennon da c’hwezh, ennon e trivlijout, buhez !"
p.172

               « Ils étaient morts…J’étais mort…Et tu vins, puissance et force, et tu planas sur moi, en me tenant dans l’ampleur de tes bras. Comme Elie sur le corps froid de l’enfant de la veuve, front contre front, poitrine contre poitrine, ta bouche contre ma bouche et tu fis passer en moi ton souffle, en moi Tu Tressaillis, Ô vie ! »


Cet appel intérieur ne se fait pas sans violence :

 « perak dont c’hoazh da c’hwezhañ em gouelioù da chalañ va c’halon gant da c’halv ? ». p.153

         « Pourquoi venir encore gonfler mes voiles, angoisser mon cœur par ton appel ? » 


Il est alors appelé à révéler au lecteur bretonnant une vérité encore cachée : l’assujettissement au mal, à Satan, au colonisateur français en l'occurence, ne perdurera pas, tout au moins dans l’autre monde.




Le poète cherchera même comme d’autres prophètes, tel Jérémie avant lui, à démontrer à Dieu qu’il a tort :

« Il ne reste plus rien à découvrir et toute pensée est désormais dévoilée ».

Peine perdue. Dieu semble tenir à son projet sur le poète-prophète. Cette même parole adressée à Ezéchiel, Maodez Glanndour se l’entendra formuler : « fils d’homme, je t’établis comme guetteur pour la maison d’Israël » :

« Skriv pezh a Welez »            

        « Ecris, révèle ce que tu vois, des choses nouvelles et des choses anciennes, Scribe dont la plume court, agile. »
« Tav ha sav ! »    

 « Tais-toi et lève-toi ! »


Le poète Maodez Glanndour devient ainsi un nouveau Moïse, guide de ses lecteurs bretonnants, mais à travers eux, de tout le peuple qu’il doit conduire vers la terre promise, cette Bretagne où coulent le lait et le miel, où l'on parlerait breton: il doit l’arracher à l’esclavage du « joug français ». Comme Moïse, il mourra avant d’avoir atteint cette terre promise. Mais aussi comme lui (« Imram »), il en a eu une vision avant sa mort. Autre similitude, ils ont vécu la même solitude, la même « mise à part » du peuple : Moïse sur le mont Sinaï et Maodez Glanndour voyageur mystique des cieux. Ce dernier dira :


« Aotrou, bremañ e fell din diskenn davit va breudeur, ha davit ar bed » p.155

« Seigneur, je veux maintenant descendre vers mes frères et vers le monde ».

En cela il n’a qu’un rôle : faire savoir au peuple que les choses vont changer. "Komzoù Bev" sont des paroles venues de Dieu qui le ferait parler et l’annonce d’une bonne nouvelle : celle d’un Dieu qui aime les hommes pour les vouloir heureux.


« Brezhon ac’h eus va c’hrouet, Brezhon e adsavin gant va yezh disprizet em genou, va yezh laeret diganin em genou, ha komprenet e vo gant an dismegañser a-wechall, gant ar Gall, echu an deñvalijenn, echu al lorc’h stouver-spered ».

« Tu m’as créé Breton, je me relèverai Breton, avec dans ma bouche, dans ma langue méprisée, dans ma bouche ma langue qu’on m’avait volée et qui sera comprise de celui qui la méprisait jadis, du Français, finies les ténèbres, fini l’orgueil, entraveur d’intelligence » p.169

Et cette mission perdurera quand bien même il sera mort :

« Ha goude ma vo bet mouget va mouezh, va genou karget a bri gant an Ankou, e talc’ho gwirionez va c’homzoù da grial ». P.253

« Et après que ma voix aura été étouffée et ma bouche remplie de boue par l’Ankou, la vérité de mes paroles continuera à crier ».


Le voyageur dans "Imram", qu’il écrit pendant la guerre durant son temps de captivité,  est clair là-dessus : cette libération, cette résurrection qui lui rendra sa langue, ne se fera pas sans effort, sans travail, sans la volonté de chaque breton et la miséricorde divine.

"Imram" est à lire comme une apocalypse où il est dit à St Jean : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre ». C’est justement le début d’"Imram" :

« Skriv, diskuilh pezh a welez".

           « Ecris, révèle ce que tu vois ».


L’intention de Maodez Glanndour, comme dans les textes apocalyptiques du théâtre breton ancien, est de surprendre, de déconcerter afin de ranimer le courage des tièdes et de solliciter la conversion des égarés en promettant le triomphe final de Dieu ; ce qui implique la persévérance et l’invitation à se tenir prêt mais aussi à l’urgence de la conversion.


L’infinie tristesse des derniers vers, qui ont pour charge de clore "Komzoù Bev", étonne :

«Pelec’h out aet da guzh, A Kariad, ouzh va lezel o ouelañ ? Evel ar c’harv ez out tec’het goude bezañ va gloazet. Er-maez on aet da grial war da lerc’h, met pell e oas”. P.182

Où t’es-tu caché, Ami, Toi qui me laissas dans les gémissements ? Pareil au cerf, tu as fui, m’ayant navrée ; après Toi je sortis, criant, et Tu étais parti ! ».


Comment la promesse du salut des Bretons et de leur langue, proclamée dans "Imram", peut-elle laisser l’auteur dans une telle déréliction ?

« La poésie, nous dit le cardinal Daniélou, est, à bien des égards, l’effort de beaucoup d’hommes pour rentrer par le biais de la création artistique dans un paradis où ils désespèrent de pouvoir rentrer existentiellement. »

Le poème  "Imram"  ne serait-il que cet évitement ?

Dans l’écriture poétique, Maodez Glanndour accueillit la vie minute après minute pour nous faire entrer dans sa vocation et nous indiquer, en fait, celle de tous les peuples de la terre.

« Ma c’hell hon pobl mont e penn ar re all da lakaat da dalvezout er gevredigezh ar gwirionezioù kristen ec’h adkemero hon c’henvroiz en o dorn an etev-goulaouiñ a vlenio ar poblou all ».

            « Si notre peuple peut prendre la tête des autres pour donner de l’importance dans la société aux vérités chrétiennes, nos compatriotes reprendront en mains le flambeau qui conduira les autres peuples ».



Je laisserais à Annaig Renault ses propres mots pour conclure :

« Il ne m’appartiens pas, bien sûr, de dire si cette proposition est aujourd’hui convaincante. Il me semble, néanmoins évident que son oeuvre demeurera d’une grande importance à maints égards. Quant à l’écrivain au souffle littéraire incontestable, la langue qu’il a utilisée est linguistiquement sans défaut et d’une richesse étonnante. C’est sans doute la raison pour laquelle des artistes contemporains comme Alan Stivell le portent à leur répertoire».


            Quant à nous, écoutons le poéme "IMRAM" comme une relecture de l’histoire du monde :

Pa urzhie ar Furnez, er penn kentañ, derezioù ar boudoù,

P'edo ar Verb o stummañ pep tra diouzh e Skeudenn,

E chome difiñv ar Grouadelezh, disliv ha maro,

Betek ma teujout, galloud ha nerzh,

Ar stered a oa mut, an heol a hune disneuz,

Kleuz e vane ar furmioù

Betek ma teujout daveto.

Hag e plavjout warno galloudek.

'N ur zerc'hel anezho en astenn da zivrec'h,

Ha da dal ouzh tal ar bed,

Gant da vrennid ouzh e vrennid,

Gant da c'henou ouzh e c'henou,

E siljout ennañ da c'hwezh,

Hag ar vuhez a dridas ennañ.
(P.170)

 


Quand la sagesse au commencement ordonnait les degrés des êtres

Quand le verbe façonnait toutes choses à son image,

La création restait sans mouvement, sans couleur, sans vie,

Jusqu’à ce que tu vins, puissance et force.

Les étoiles étaient muettes, le soleil endormi et sans beauté ;

Les formes restaient vides

Jusqu’à ce que tu vins en elles,

Et puissant, tu planas sur elles

En les tenant dans l’étreinte de tes bras

Et ton front contre le front du monde,

Ta poitrine contre sa poitrine,

Ta bouche contre sa bouche,

En lui pénétra ton souffle

Et la vie tressaillit en lui.

 

SON ŒUVRE

MAODEZ GLANNDOUR a cherché à créer un art strictement breton qui puise son inspiration dans nos contes, nos gwerzes et jusqu'en la symbolique de nos vieux proverbes.

Ces tableaux, peints par le poète, sont le visage de son pays aimé. L’eau, omniprésente, jusque dans son nom, Glanndour. L’eau du baptême, présente dès le premier poème, parle aussi de libération. Le vent qui conduit le voyageur d’ « Imram » est  aussi le signe de la Pentecôte. On pourrait même y rattacher le don des langues accordé par l’ Esprit-Saint et qui correspondrait à ce désir d’apposer leur langue sur les lèvres de tous les bretons.

L'essentiel de son oeuvre est constitué par ses poèmes :

- Recueils tels que "Troellennoù Glas " (Les Spirales bleues), " Bragerizoù Ene " (Les Bijoux de l'âme), parus en l937 et en 1939 dans " Gwalarn ",

- Grands poèmes tels que " Imram " (Navigation) ( 1941 ), "Milc'hwid ar Serrnoz" (Le mauvais du crépuscule) (1946) dont l'ensemble, à l'exception du " Milc'hwid " a été réuni en 1949 en un recueil : " Komzoù bev " (Paroles vivantes) réédité en 1984 par " Al Liamm ". « Komzoù bev » adopte une structure biblique menant de genèse en Apocalypse, s’y effaçant toute mention de date d’écriture pour ne retenir que le présent.

En 1949, également, " Telenngan d'an teir vertuz " (Ode aux trois vertus). En 1951, " Kanadeg evit Nedeleg ". (Cantate pour Noël ) rééditée en 1984 par " Al Liamm " avec "Milc'hwid ar Serrnoz " en un volume sous le titre de "Telennganoù ". En 1979, "Vijilez an deiz diwezhañ" (Nocturne du dernier jour), le dernier et peut-être le plus dense de ses grands poèmes, le plus prophétique. En 1983, " Va levrig skeudennoù " (Mon petit livre d'images).

Il avait lancé en 1937 avec l'Abbé Nedelec la revue d'études catholiques " Studi hag Ober " (Etude et action) qui sera continuée un temps, après la guerre par les " Kaieroù Kristen " (Cahiers chrétiens) et " Ar bedenn evit ar Vro " (La Prière pour le Pays), bulletin intérieur de l'Unvaniezh speredel Breizh (Union spirituelle bretonne), fondée en 1942 par Madalen Saint-Gal de Pons et dont il sera le principal rédacteur. Simple feuille mais chargée de pensée, d'idées et de prière. Ce qui ne l'empêchera pas de collaborer à plusieurs autres revues, notamment " Gwalarn ", " Sav ", " Sterenn " et, après la guerre, " Al Liamm ", " Imbourc'h ".

 

 

Annaïg Renault  "Maodez Glanndour, son chemin d'humanité au long de Komzoù bev".
Éd. Mouladurioù Hor Yezh.

 

Publié dans emvodoù

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MURPHY Patrick 20/02/2011 22:34


Comment et où pourrions nous rencontrer pour échanger sur Le Recteur de louannec ? Je travaille à RENNES près de la Gare. il y aurait peut-être une possibilité d'un déjeuner ? Qu'en pensez-vous
?
Cordialement


Tiegezh Santez Anna 21/02/2011 09:11



Kasit deomp ur c'hemenn d'ar chomlec'h-mañ / Envoyez-nous un message à cette adresse:


Lann-Anna@sfr.fr , et nous vous répondrons. Merci. Ken ar c'hentañ!



MURPHY Patrick 01/06/2009 00:21

Bonjour,
Il me semble que l'Abbé Louis le Floc'h est devenu recteur de Louannec en 1956 et non 1936. Je l'ai vu arriver, avec ma famille maternelle qui habitait Louannec et qui m'hébergeait. Par la suite j'ai été 10 ans durant un de ses fidèle enfant de Choeur. Je le vénérais (le vénére toujours) et je l'aimais (je l'aime toujours) comme un père. La photo qu'il m'a donnée de lui en 1983 est toujours sur moi. Je suis heureux de retrouver sa trace -sa vraie trace- à travers vos travaux.
Cordialement

Tiegezh Santez Anna 05/06/2009 22:22


Doue d'ho pennigo ! Merci pour votre message qui nous touche beaucoup. Je dis souvent que nous devons notre existence à Maodez Glanndour car ses travaux et plus largement sa pensée ont
ouvert la voie sur laquelle nous essayons de marcher. J'aurai aimé le connaître mais il a quitté cette terre avant que je puisse le rencontrer. Par contre nous avons bien connu l'une de ses filles
spirituelles qui nous a laissé de nombreuses archives que nous conservons précieusement. N'hésitez pas à venir nous visiter un jour, je serais très heureux de faire votre connaissance. Bien à
vous.
                                                                        
Benead Vialaneix lann-anna@sfr.fr