Oferenn Pardon santez Anna

Lies testenioù  

Lennadenn tennet eus Levr Furnez Sirac'h       44,1,9a,10-15 

Meulomp eta an dud hollvrudet a zo hon hendadoù. Tud zo e-leizh ha n'eus ket soñj anezho. N'eo ket evel-se evit an dud a drugarez, n'eo ket bet ankounac'haet o oberoù a reizhded. O eurvad a bado keit hag o lignez, un hêrezh vat eo o diskennidi. Derc'hel a raio o gourvibion da lezennoù an Emglev hag o bugale, en arbenn dezho. Da viken e pado o lignez hag o gloar ne vezo diverket biken. O c'horfoù a zo bet sebeliet er peoc'h, hag o anv a vev evit ar rummadoù. Ar pobloù a zanevell o furnez hag ar vodadeg a embann o meuleudi.  

 

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage   44,1,9a,10-15

Faisons l'éloge de ses personnages glorieux, qui sont nos ancêtres. Beaucoup de gens sont tombés dans l'oubli : il n'en est pas ainsi des hommes de miséricorde, leurs oeuvres de justice n'ont pas été oubliées. Leur bonheur durera autant que leur postérité, leurs descendants forment un bel héritage. Leur postérité a persévéré dans les lois de l'Alliance, leurs enfants y sont restés fidèles grâce à eux. Leur descendance subsistera toujours, jamais leur gloire ne sera effacée. Leurs corps ont été ensevelis dans la paix, et leur nom reste vivant pour toutes les générations. Les nations raconteront leur sagesse, l'assemblée proclamera leurs louanges.

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Touet en deus an Aotrou da Zavid

Ur bromesa divrall ha na dorro biken :

Ur mab dit-te unan eus da wad,

A lakin da roue war da dron.

 

Rak an Aotrou en deus dibabet Sion,

He c'hoantaet en deus evit e chomadur :

Sed amañ lec'h va diskuizh,

Amañ e vin o chom p'am eus he c'haret.

 

Eno e lakin da ziwanañ ur mab galloudus da Zavid,

Ur c'houlaouenn a enaouin e tiegezh va olevad.

  E holl enebourion a c'holoin a vezhegezh

 Met war e benn e splanno va c'hurunenn.

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Lennadenn tennet eus al Lizher d'an Hebreed            11, 1-2, 8-13a

 

Ar feiz a zo anezhi arrez ar pezh a esperer, prouenn ar pezh na weler ket.

Ya, en abeg d'o feiz eo bet meulet tud an amzer gozh. Dre ar feiz e sentas Abraham ouzh galv Doue, evit mont war-zu ur vro a zlee kaout en hêrezh, hag ez eas en hent hep gouzout dezhañ da belec'h edo o vont. Dre ar feiz, e chomas evel diavaeziad en Douar Prometet, o vevañ eno dindan teltennoù, evel ivez Izaak ha Yakob, kenhêred an hevelep promesa. Rak gortoz a rae ar gêr diazezet divrall a zo Doue an ijinour hag ar saver anezhi. Dre ar feiz ivez, Sara, daoust ma oa erru war an oad, a resevas ar galloud da gonsev ur mab o vezañ ma kredas e gwirionez en hini a rae ar bromesa. 

Hag evel-se, diwar un den hepken, warnañ dija tres ar marv, e teuas er bed ur bobl ken stank hag ar stered en neñv, diniver evel an traezh war ribl ar mor. Er feiz int marvet holl hep bezañ resevet an traoù grataet dezho met ouzh o gwelout hag ouzh o saludiñ a-ziabell.

 

 

 

Lecture de la lettre aux Hébreux 11, 1-2, 8-13a

Frères, la foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu'on ne voit pas. Et quand l'Ecriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu: il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre Promise; c'est dans un campement qu'il vivait, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui, car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut capable d'avoir une descendance parce qu'elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse. C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter. C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses; mais ils l'avaient vue et saluée de loin.

 Parole du Seigneur ! Nous rendons grâce à Dieu !

 

 

Allelouia, allelouia !

Karget a Spered Santel

Anna a servije Doue noz-deiz,

Hag a c'hortoze ar frealzidigezh da zont evit pobl Israel

 

Aviel hor Salver Jezuz Krist hervez sant Vazhev          13, 11a, 16-17.

 

 

Jezuz a lavare d'e ziskibion : Deoc'h-c'hwi eo bet roet da anavezout misterioù Rouantelezh an Neñvoù. Evurus ho taoulagad dre ma welont, hag o tivskouarn dre ma klevont. E gwirionez, me lavar deoc'h, kalz profeded ha tud santel o deus c'hoantaet gwelout ar pezh a welit ha n'o deus ket gwelet, klevout ar pezh a glevit ha n'o deus ket klevet.

 

Evangile selon saint Mathieu   13, 11a, 16-17.

Jésus disait à ses disciples: “A vous, il a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux. Heureux vos yeux parce qu'ils voient, heureuses vos oreilles parce qu'elles entendent! En vérité, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que nous entendez et ne l'ont pas entendu!“

 

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Prezegenn an Tad Pêr-Nikolaz d'an 22 a viz 2012

da geñver an oferenn bet lidet da zeiz ar pardon e Lann-Anna

 

Homélie du père Pierre-Nicolas

 

Dans ces lectures de l'Ancien et du Nouveau Testament, nous nous rendons compte que Dieu répond à la soif de l'hom­me, à sa faim de reconnaissance, de prestige. Nous savons  - et nous en faisons le constat  chaque jour - que les hommes cou­rent après le prestige. Pourquoi? Parce que ils portent dans leur cœur le désir de durer, de persévérer dans l'existence. Tout homme porte en lui le désir de l'immortalité. Malheureusement, lorsque l'homme ignore sa vocation surnaturelle, lorsqu'il ou­blie qu'il est l'œuvre de Dieu, et qu'il est voué à la vie éternelle, au royaume des Cieux, il cherche ici-bas les moyens de per­durer: à travers sa descendance quand il en a, ses enfants, ou alors à travers des monuments, en gravant son nom sur des plaques de marbre, au lieu de le graver dans le cœur de Dieu.

Nous savons ce qu'il advient de ces monuments que les hommes élèvent à leur propre gloire. Ils finissent toujours par être déboulonnés et renversés, comme ces statues que les tyrans élèvent à leurs propre gloire. Nous savons que ces statues ne restent pas très longtemps debout, mais c'est ainsi que l'homme voudrait durer. Pourtant, nous avons entendu dans la première lecture que la vraie persévérance et la vraie immortalité ne sont pas fondées sur le pouvoir: pouvoir sur sa famille, pouvoir sur son entourage, pouvoir sur les peuples, pouvoir sur soi-même aussi… L'éternité n'est pas fondée sur la force. Elle n'est pas fondée sur l'astuce, sur tout ce que l'homme est capable d'inventer pour qu'on parle de lui ou pour être fort, dans une vie ou dans les siècles. Non, la Bible dans sa sagesse nous dit que la vraie immortalité ne peut être le fruit que de la charité,  de la sagesse divine.

C'est cette sagesse de Dieu que nous, Bretons, nous célé­brons dans notre histoire sainte. Car nous sommes un peuple, et c'est une volonté de Dieu de voir les hommes rassemblés en différents peuples, peuples très variés, nous le savons, et dont chacun a une destinée particulière dans le projet divin. Chaque peuple a sa place dans le concert général des nations, avec sa langue, avec ses traditions, avec sa culture, qui ne sont pas des choses superficielles mais qui manisfestent une certaine façon de sentir le monde, de percevoir la création, de l'accueillir et d'y œuvrer.

Alors aujourd'hui, dans la mémoire de sainte Anne, de la charité et de la Sagesse Divine, nous voulons raffermir notre identité. Nous ne le faisons pas à la manière des idéologies politiques, qui se servent d'ailleurs souvent du terme "identité" à des fins très ambigües. Non, nous voulons vraiment recevoir cette identité des mains de Dieu, cette identité qui agit à la manière - je dis bien à la manière – d'un sacramental. Oui, toutes nos coutumes, toutes nos traditions, tous ces chants sacrés magnifiques dont est riche le répertoire breton, c'est comme un sacramental, c'est-à-dire que c'est une action de Dieu qui nous sanctifie au plus profond de notre être. Dieu n'a pas créé les hommes comme des êtres indifférents, qui arrivent sur terre sans savoir d'où ils viennent et qui repartent, sans plus. Non. Dieu, ici, en Bretagne, a voulu que nous naissions dans une culture, dans une patrie, et nous sommes aujour­d'hui, de fait, les héritiers d'une longue histoire et de traditions im­mémoriales.

La Bretagne, nous le savons, est riche de cette histoire, et ce serait une perte tragique, nous seulement pour les Bretons, mais ce serait une perte pour l'humanité que cette culture disparût. Nous en avons besoin, de cette culture. Pourquoi? Parce qu'elle véhicule, à sa manière, la volonté divine. Cela éclate, brille spécialement dans la vie de tous ces saints qui ont ensemencé la terre de Bretagne de leurs prières, de leur pénitence, de leur prédication et de leur charité. Ce sont eux qui sont véri­ta­blement notre fierté, et nous n'entendons pas les honorer seu­lement à travers leurs représentations picturales: nous vou­lons aller plus loin et imiter jusqu'à leurs vertus, leurs vertus de foi, d'espérance et de charité divine, car c'est sur ces vertus qu'ils ont bâti notre nation.

Et c'est en retrouvant ces vertus que nous pourrons alors revivifier cette culture bretonne qui, en aucun cas, n'a d'avenir si elle reste enfermée dans le rejet de la Vérité. Toute culture humaine a besoin d'être enoblie, d'être élevée par le contact avec la grâce de Dieu, sinon cette culture risque de devenir une idole, elle risque de devenir une idole inerte qui ne donne pas la vie, qui ne donne pas l'existence mais qui laisse dans la mort et dans les ténèbres. Nous demandons aujourd'hui à sainte Anne de nous éclairer sur le chemin. Nous lui demandons d'être ha­bités par cette foi qui envahissait aussi le cœur des premiers témoins de l'histoire sainte: Abraham, Moïse et puis, par-dessus tout, la très sainte Vierge Marie et saint Joseph. Tous ces grands personnages qui avaient gardé intactes dans leur cœur les promesses de Dieu, avec la fidélité comme un rempart véri­table, non pas un rempart de moyens humains, dont on sait qu'ils finissent toujours par être emportés par le flot des épreuves de ce monde, mais un rempart fondé sur la parole de Dieu.

C'est fort de cette foi qu'Abraham a quitté sa patrie pour rejoindre celle que Dieu lui indiquait. C'est rempli de cette foi que Moîse a quitté l'Egypte pour la Terre Sainte, en dépit de toutes les épreuves terribles que le peuple de Dieu a dû traverser: l'épreuve de la Mer Rouge, l'épreuve du désert. Mais toute la force de ce peuple résidait, en dépit de sa pauvreté apparente, dans la fidélité radicale aux promesses de Dieu. Ce sont aujourd'hui les mêmes promesses qui doivent nous tenir debouts, sans que nous cédions au découragement en dépit de toutes les contrariétés qui se lèvent dans nos propres existences mais aussi dans la vie de l'Eglise. Nous savons combien, aujourd'hui, l'Eglise est attaquée, d'une façon sanglante dans bien des pays d'Afrique en but à l'islamisme, dans d'autres en proie aux idéologies totalitaires, comme en Occident par une persécution très insidieuse, une persécution médiatique qui tente de faire croire aux chrétiens qu'ils sont seuls, qu'ils ne représentent plus qu'une minorité dérisoire et passéiste.

Ne jugeons donc pas les choses, ne jugeons pas l'histoire à l'aune de nos valeurs humaines, jugeons-la à l'aune des valeurs de Dieu, et souvenons-nous que bien des fois, dans l'histoire sainte, Dieu a laissé les promesses à un tout petit reste: on peut dire que, à la veille de l'Incarnation, toute la foi d'Israël ne tenait plus qu'à une seule personne, dans un cœur, celui de la Vierge Marie, fille d'Anne. Car elle se souvenait véritablement des promesses de Dieu au peuple élu. Il doit de même en aller pour nous. Ne jugeons donc pas les événe­ments avec des critères humains, sinon nous ne sortirons jamais de la désespérance, du râlage permanent, mais jugeons les choses à la lumière de Dieu.

Il ne s'agit pas de cesser d'être lucide, bien sûr; mais, tout en misant sur la Providence, il faut agir soi-même, mettre au service du royaume de Dieu et de l'évangélisation tous nos talents humains, même s'ils paraissent peu de chose. Dieu compte sur nom, car il ne veut sauver l'homme sans l'homme. Voilà la grandeur du chrétien, c'est d'être associé à l'œuvre rédemptrice de Dieu, d'être appelé derrière Jésus Christ à la grande moisson. Qui que nous soyons, quel que soit notre état de vie, quelle que soit la multiplicité ou la rareté de nos talents, l'essentiel est que nous nous mettions au travail avec le Christ et derrière Lui, en communion avec tous les chrétiens, sous la houlette du Saint-Père Benoît XVI, pour lequel nous allons spécialement prier aujourd'hui. Nous allons le recommander à sainte Anne, parce qu'il est le chef de l'Eglise, le vicaire de Jésus-Christ, sur terre; il est le lien vivant de la communion de tous les chrétiens et nous ne pouvons pas prétendre être utiles à l'Eglise en dehors de l'Eglise. Restons bien en communion les uns avec les autres, en communion avec nos pasteurs légitimes, parce qu'il n'y a pas d'autre chemin pour être en communion authentique avec le Christ vivant aujourd'hui, hier et demain et pour les siècles des siècles. Amen+

 

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Lies testenioù  evit pardon Lann-Anna 2012

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